Nuit d’averse.

Quand elle arrivée,
la pluie c’est mise
à tomber.
Le ciel lourd et menaçant depuis quelques heures,
a enfin lâché son trop plein
d’humidité.
Les premières gouttes heurtaient le toit de bois,
résonnaient entre les murs de papiers.
Les feuilles du jardin ployaient sous l’impact,
en souplesse.
C’était le grand soulagement annoncé qui tapait
aux portes.
Nemoro la regarda longuement. Elle était agenouillée, la tête haute et le regard clair. Elle attendait. La paupière assombri, les lèvres rougise, la peau blanchie, le parfum précieux, les cheveux remontés pour laisser voir la nuque. Elle était belle. Il lui demanda du thé. Elle le servi doucement, calme et sûre dans chacun de ses gestes.
Quand elle se déshabilla,
la pluie redoubla
en vagues
sur la maison. Des milliards de gouttes
tombant sur chaque espace du jardin aux arbres torturés,
sur chaque gravier ratissé,
sur toute la surface de la mare prise de
tourments.
Un trop plein de perles, en
déferlement
au travers des matières.
Un monde liquide et violent,
par l’eau douce.
Son corps souple s’occupa toute la nuit de ses sens, en adroites caresses, en infinis baisers, en longues pénétrations. Il ne la toucha pas. Presque pas. A peine tournait-il la tête, à peine levait-il un doigt, qu’elle avait compris. Il n’avait plus qu’à se laisser glisser dans cette demi conscience du plaisir étendu.
Il se laissa bercer par elles toute la nuit.
La pluie et la femme.
Jusqu’au matin, où le sommeil sonne aux paupières lourdes
des amants.
Dans le silence d’après l’averse nocturne.
Dans l’humidité d’une terre arrosée et d’une chaleur
évanescente.
Quand elle est partie, elle a allumé son téléphone. Il y a eu le bruit des messages manqués. Le taxi l’attendait déjà. La marchande d’amour.

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