jeudi, décembre 11, 2008

Des moments panique

Hors du blanc, plongée en plein organique
l'instant file, se perd, s'allonge
la minute à 120 battements.
Les petites bulles de neige ne m'apaisent plus
mon corps hurle et crache, tire
je n'arrive plus et je t'ai perdu
l'instant trop long bascule sans crier gare
je panique, déraisonnable. Tout est trop
dur. Silencieux. Dilaté. Frénétique.
Tout est trop à mon œil. Ma pupille explose.
Les jambes molles, le cœur bombarde, m'empêchent
de courir vers toi. Te sauver de
ma panique.


vendredi, septembre 05, 2008

La vie marathon.


Des portes qui claquent. Des tendons déchirés. Des corps usés. Brisés. Des cris. Une vie de fou. Une vie de fou. Des furieux. Des colères. Des larmes comme de la sueur d'épuisement. D'autres plus forts, plus jeunes, plus frais, semblent survoler l'épreuve. Et tout ceux que l'on a déjà dépassé, dans l'euphorie des premiers kilomètres trop faciles. Nous luttons. Je lutte, à bout de nerf, sur la corde raide de la course. La course à quoi, au fait ? Il serait plus simple, plus facile, plus sage. S'arrêter. Le bas côté est là. Rien que le mot. Bas. En miroir du podium. Fait peur. Est un aveu. Une faiblesse sans doute. Le bas-côté, pourtant. M'attends. Je n'arrive pas. Justement. Je n'arrive nul part. Et. J'arrête pas de continuer. J'arrête pas d'essayer d'arrêter. Je cours toujours. Dans les flashs psychédéliques des arbres du bord de route. Soleil, ombre, soleil, ombre, soleil. Fermer les yeux. De la rage du vieil athlète. Une dernière fois. Ne pas s'avouer vaincu, hein. Tout sauf la défection. Du souvenir des victoires et des lignes d'arrivées. Ces putains de lignes d'arrivées qui n'en finissent pas. Jusqu'au bout. Jamais de bouquet final. Sauf peut être une couronne funèbre. Et. Je cours, pourtant. Malgré moi. Arrêtez! Arrêtez-moi ! Arrêtez-vous! Oh, oui, arrêtons-nous un instant. Juste un instant, à l'ombre des arbres du bord de route, voulez-vous ? Des portes qui, des claques, des tendons tendus, des cris. Des larmes de rage, nos impuissances. Des fous et des furieux. Où est la prise, bordel. Le commutateur communautaire. D'accord, d'accord, je viens, je suis, je comme et avec vous, encore un peu. Mais juste après, d'accord, vous me laisserez-là. Au soleil des arbres du bord de route.

dimanche, mai 11, 2008

Alcôve.


Une chambre. N’importe quelle chambre, les rideaux fermés. N’importe quelle heure, les aiguilles suspendues. Les corps dans l’espace du corps, un petit miracle d’intimité. Il ne se passe rien de visible entre ces corps, dans cette chambre. C’est rempli, pourtant, c’est plein et bouillonnant. Ils ont le temps. Peut-être viennent-ils de faire l’amour. Sans doute vont-ils se rejoindre, l’un à l’autre, dans un frisson, tout à l’heure. Rien ne presse. La lumière donne aux peaux un joli doré orangé avant de rebondir sur les murs. Ils ne se touchent pas, ils ne bougent presque pas. Comme si les mouvements allaient briser la matière entre eux, l’air chargé. La chambre est toute l’intériorité protégée et partagée. Entre eux. Pas de ralenti, pas d’accéléré, pas de gros plan. Le plein pied du nous. N’importe quel nous, le cœur ouvert. N’importe quel temps, les corps suspendus. Les toi, les moi, les toi et moi dans l’espace du nous, un petit miracle d’adéquation. Il se passe tout entre ces nous calmes et extatiques. Le lieu est épais et clair. Fragile.

vendredi, avril 25, 2008

Les moments rouges.

J'ai goûté les instants longs, les minutes qui restent collées à la peau des voyageurs
Pendant les nuits qui ne peuvent plus finir
les pleines lunes en décor de théatre font la belle étoile des désirs oubliés.
Au décours des pas qui n'en peuvent plus de ne pas courrir, je demandais les arrêts pour me lover dans ta chaleur.
Nous avions vu les sens interdits, les lois en uniforme, les pudeurs abandonnées. Les rouges s'affichaient tout autour, indécents.
Le bout de l'impasse ne m'a pas fait peur. Car des moments carmins rien d'autre ne compte.
Que ça.

lundi, avril 21, 2008

Passage.

Dans le hall d'hôtel.
Un grand hall. Tout vide des marbres et des lumières d'hôtel.
Un évènement.
Une porte d'ascenseur s'ouvre. Il est vide aussi. La porte se referme. Inutile passage.
L'ascenseur reste. Au niveau zéro dit l'affichage du dessus. Son voisin est immobile. Au 8ème étage.
Les portes bagages attendent patiemment, abandonnés là, par accident. Entre deux mouvements. Sans doute.
Dans le hall d'hôtel.
Un évènement.
L'ascenseur du 8ème descend.
Et s'ouvre. Pour rien.
Pour personne. Il est juste venu tenir compagnie au voisin.
Il n'y a que des portes et des lumières. Sans trace, sans empreinte. Un prospectus à terre, pourtant, signe un passage, un courant d'air peut-être, au milieu du hall depersonnalisé.
Dans le hall d'hôtel. Un évènement.
L'ascenseur ouvre l'oeil. Dit bonjour à l'absolu.
Nocturne.
La nuit règne, maître et maîtresse du lieu, parmi les lampes surexcitées.
Dans le hall d'hôtel, un évènement.
Une ampoule clignote. Lutte. S'acharne. A maintenir un éclat. Un rôle. Une fonction. Un sens de la vie que seul les lampes peuvent comprendre.
Dans le hall d'hôtel. Un évènement.
L'ampoule a grillé.

Fait divers

Elle lui a pris la main. Ou était-ce lui ? Ce n'est pas important. Ils se tenaient la main, en oubliant depuis quand, depuis où, depuis qui. Ils ont passé du temps ainsi, main dans la main. Un seul corps, avec deux bras, quatre jambes. Ils ont marché, beaucoup. Ils se sont couchés. Ils ont dormi. Ils se sont réveillés. Ils sont devenus singulier. Il mangeait. Il se lavait. Il se faisait l'amour. Longtemps, long temps. Et puis un jour, il ne sait plus quel jour ou quelle nuit, il s'est laché la main. Tout simplement. Alors il y eut deux corps avec quatre bras et quatre jambes; avec deux têtes et deux coeurs. Les corps mangeaient, se lavaient, faisaient l'amour avec d'autres corps ou avec leur propre corps. Les corps pluriels se multipliaient sous les couches de draps. Et puis, un jour ou une nuit, un moment imprécis, les corps n'ont même plus touchés d'autres corps. Parce qu'ils ne connaissaient plus la main. Les corps ont oubliés qu'ils pouvaient n'être qu'un. Les coeurs n'ont plus su comment, pourquoi, dans quel état. Les têtes ont perdu le souvenir d'un prolongement. Ils étaient redevenus singuliers sans le savoir. Et ce n'était pas important. Tout simplement.

mercredi, avril 02, 2008

T.


Il arrive un temps. Un temps. Il arrive.
Il est là.
Comme dans il neige, il fait beau, il du temps qui passe. C’est un grand voyageur, le temps des stratosphères aériennes.
Comme dans les ciels brumeux, des visages flous des aéroports.
Tu vois ? Comme ça, il est là. Le temps arrivé. Le temps passé. Il se fout de l’heure. Je m’en souvenais souvent, il y a quelques minutes. Et puis, je ne sais plus si j’ai pu le savoir. Il est incompréhensible, celui-là des futurs conditionnels.
Donc, il arrive avec ses gros sabots impalpables, le temps des bateaux en papier. Le temps des visas. Le temps de parking qui signale les durées dépassées. Des gosses stationnés par accidents sur des idéaux perdus. C’est les tant cons des limites posées avec une démarche autour du pot. A ce moment, les étoiles se moquent de moi, carrément ; et la lune, la lune parlons- en ! La ronde cachée sous son hilarité d’hémisphère sud. Aussi discrète que l’instant déshabillé en scrabble d’illettrée.
Il arrive le temps contre soi, tout contre soi, loin des toi dans le labeur des luttes tout contre moi. C’est les minutes entre deux, en plein centre du rien. C’est le temps des vides atomiques, des niveaux énergétiques électroniques. Le temps sans temps et sans milieu. Le suspendu qui dure des lustres de centièmes de secondes. Entre, dans, par. Entre des passages de porte et entre des grottes aux ombres gigantesques. Dans des intérieurs indistincts et dans des mâchoires grinçantes. Par des voyages sans destiné et par des bouts de vie égarés.
Celui-là, donc, précisément, m’est arrivé.
Et est passé.

23 mars 08

lundi, décembre 17, 2007

Des clouclous pour un écho.


Les plumes me tirent dans dans les pieds ;
C’est, c’était, c’eut été plus facile loin de toi.
Ca me semble, ça me semblait, c’eut été presque pareil
Loin loin de nos pas, en tête de page.
J’ai été, j’eus été à ta place, je serai ici.
Quand c’était dans tes bras, mon meilleur n’existait pas,
Il se perd inexorablement entre entre tes doigts, maintenant. Des poils noirs qui poussent à l’envers du sens de la caresse, même pas beaux,
sous sous les ciels de nos écarts de chat. Tu te souviens de ce toit, toi ? Un toit du dessus qui portait plus sûrement un nous que n’importe quelle adresse postale. Nos performances épistolaires sont ailleurs, on aime bien bien ça comme ça.
Et l’infini cours toujours plus vite que nos trains qui ont une fin, une gare, une station, une arrivée, eux. Comme c’est rassurant que ça n’existe pas, en vrai. Les vertiges éclatent trop bien les vitres du La Là La d’opérette, on risquerait d’y voir clair clair dans nos je.
Par besoin d’activité opérationnelle, je découpe des petits puzzles de soi tout doux, pour nos hivers à rallonge. Me manque plus que le feu de cheminée et la chaise à bascule.
Le duvet, aussi, se tire vers toi. T’es chiant à prendre toute la couverture quand je n’ai besoin que d’un drap.